« Pâté en croûte et vieux ragots »
Saison
2025/2026
Sinfonies pour le Souper du Roy de M. Lalande
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Chansons à boire, anecdotes, satires et scandales : autour des Sinfonies pour les Soupers du Roy et des lettres de Mme de Sévigné et de Bussy Rabutin, des gazettes relatant les dernières frasques des chanteuses de l’opéra ou du Mercure de France, plongez au cœur de l’histoire, et savourez avec délices tous les potins de la cour. On vous les promet aussi croustillants, réjouissants, légers, voire poétiques, que le spectacle qui vous attend !
Distribution
Hervé Niquet direction musicale et jeu
Jean-Philippe Desrousseaux mise en scène en jeu
Le Concert Spirituel orchestre
Claire Niquet accessoires et costumes
Programme
Michel-Richard de Lalande
Sinfonies pour les Soupers du Roy (S.155 à S172)
Joseph Bodin de Boismortier
Chansons à boire
Production
Production Le Concert Spirituel Un projet soutenu par la Ferme de Villefavard en Limousin - Centre culturel de rencontre
Durée
1h30
sans entracte
Crédit photo
Affiche du spectacle Pâté en croûte et vieux ragots © Le Concert Spirituel
C’est dans les appartements de la reine, dans l’antichambre dite du Grand Couvert, qu’avaient lieu les repas publics de Louis XIV dont le fastueux rituel attirait tous les courtisans.
Seule la famille royale pouvait prendre place à table. Face à elle, les princesses et duchesses qui avaient le privilège du tabouret, puis, debout, les personnes qui, par leur rang ou avec l’autorisation des huissiers, avaient pu entrer.
Le maître d’hôtel, son bâton à pommeau d’argent à la main, avertissait le capitaine des gardes qui, aussitôt, annonçait au roi qu’il était est servi. La même cérémonie se répétait tous les soirs: le souverain venait alors souper en public dans l’antichambre du Grand Couvert.
Le spectacle était impressionnant, le rituel fastueux, et cette mauvaise langue de Saint-Simon ne s’est pas privée de raconter les multiples anecdotes liées à ce rituel et à cette pièce qui était l’un des lieux stratégiques de la cour à Versailles.
Les Sinfonies pour les Soupers du Roy de Michel-Richard de Lalande accompagnaient ces soirées versaillaises. Elles sont ici reprises par Hervé Niquet avec un parti pris original, typique de ce chef connu pour sa fantaisie.
Du roi soleil au siècle des lumières : goûts et dégoûts dans les coulisses
Dans la France aristocratique de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècle, le raffinement le plus exquis côtoie sans complexe le trivial le plus assumé. La Princesse Palatine, mère du duc d’Orléans, peut écrire d’une plume joyeusement crue les délices de la défécation. Le sérieux duc de Saint-Simon narre avec une admiration désarmante mêlée d’ironie les mésaventures d’un gentilhomme qui garde beaucoup plus qu’il ne faut son lavement. La sacralisation du Grand Siècle nous a fait oublier les francs éclats de rire des nobles.
Tandis que les prédications ecclésiastiques et la littérature morale exaltent avec insistance l’idéal de vertu et de retenue, la réalité sociale témoigne d’une coexistence assumée avec des pratiques plus relâchées. Les maisons closes prospèrent dans les grandes villes, et une partie de la noblesse, loin de se conformer strictement aux normes qu’elle affiche, cultive volontiers un libertinage qui fait de la transgression un signe d’esprit autant que de distinction.
Les mémoires, les correspondances et les recueils d’anecdotes qui nous sont parvenus fourmillent de récits d’incidents, qu’ils relèvent de la sphère domestique ou de la scène publique. Ces textes volontiers irrévérencieux, qui réjouissaient les salons, les coulisses et les alcôves, proposent ainsi de cette période une représentation plus contrastée et plus humaine.
Françoise Rubellin
Professeur de littérature française à l’Université de Nantes
Avec le soutien de la Fondation d'entreprise AG2R LA MONDIALE pour la vitalité artistique

Ce nouveau projet a fait l’objet d’une résidence de création à la Ferme de Villefavard en Limousin - Centre Culturel de Rencontre du 19 au 22 avril 2025.





